dimanche 28 septembre 2008

Mea Culpa : les invasions barbares, c'est trop génial !

Je discutais hier des Invasions Barbares avec mon québécois. Je lui disais que le film ne me plaisait qu'à moitié. En fait non, mea culpa, j'ai beaucoup aimé.C'est un film qui ne laisse pas indifférent, parce malgré tout ce que je peux en dire, je m'y retrouve, je me retrouve face à des questions, des problèmes qui contraignent ma vie . C'est sans détours, la réflexion est fine, juste, acérée et souvent drôle.

Pourquoi cette réticence, cependant ? pourquoi, pour une fois, ne me suis-je pas laissée aller, ai-je considérer le film avec des yeux froids et durs pendant les deux tiers du temps ?
Peut-être en partie parce que je n'aime plus trop la complaisance dans la parole, qui se suffit à elle-même.
En quelques mots : les Invasions Barbares est la suite du Déclin de l'Empire américain, film québécois où des baby-boomers intellectuels de métier s'interrogeaient sur le déclin de notre civilisation, sur le bonheur individuel qu'on recherche par tous les moyens sans y parvenir, principalement en parlant de leurs plans culs. Dans les invasions, tous ont pris vingt ans, le sexe et le bonheur n'est plus au centre des préoccupations. Un des protagonistes est très malade. Le film montre son agonie, et ses questionnements avant de mourir.
Encore une fois, l'essentiel repose sur la parole et les acteurs, tous des pointures du cinéma québécois. Les questions ont changé, comme l'époque ; on parle de la vieillesse, de la perte de repères familiaux, du capitalisme, de la culture québécoise qui ne vaut toujours pas un kopek, du système de santé, de la perte du sentiment religieux, tous des thèmes qui préoccupent les québécois et plus largement la société occidentale au quotidien. Le même film aurait été fait aujourd'hui, qu'on aurait abordé les questions de développement durable, tellement à la mode en ce moment.
Ainsi les personnages, jeunes et vieux, se retrouvent, à l'hopital, au bord d'un lac, autour d'un feu, à deviser, à tordre en tous sens les maux et les problèmes de la vie pour essayer de trouver un sens à tout ça.
Sauf que les personnages, plein de tendresse, restent des caricatures, des concepts humains représentatifs des figures de l'époque. C'est nombriliste, limite démagogique, ça argumente et ça parle, ça nous ressemble beaucoup. Ca pose des réflexions que l'objet cinéma n'arrive pas à rendre accessibles par l'image. Parce que les personnages parlent plus de l'époque qu'ils n'essaient de la vivre. On se retrouve donc devant un discours, une énumération de mal-êtres et de malaises, bien traités certes, mais alignés comme des perles qu'on passe en revue. Devant le succès du film précédent, la recette cinématographique ne change pas vraiment. On enchaîne les sceynettes, et à chacune correspond un thème, une idée.
Ca pose des questions, que d'autres déjà ont posé. Ca n'apporte pas vraiment de réponse, ça pleure simplement. Les dialogues sont excellents, les acteurs n'en font pas des tonnes non plus, ils sont justes, surtout Marie-Josée Croze (et j'aime énormément sa coiffure :), qui joue véritablement, et n'apporte pas juste une voix et un enrobage imagé à ce qui est dit.
Le moment que j'ai préféré, c'était la fin, parce qu'enfin, il y avait un passage à l'acte, un positionnement, et tout le film s'en retrouve fondé, légitimé, nécessaire, brillant. Un succès largement mérité, un propos qui touche durablement, mais que ma propre sensibilité a eu du mal à assimiler, à comprendre avec mes yeux de française.

samedi 27 septembre 2008

Lyon, Montréal... Paris

Petit tour à Paris cette semaine. Je suis allée me perdre dans la forêt de Fontainebleau et les vieux papiers. Je fais la grimace quand je dis "Paris". J'y ai vécu plusieurs années, avant de me partager entre Lyon et Montréal. Je garde des impressions violemment contrastées de la vie dans cette ville. Des lambeaux de sensations, comme un brouillard qui s'accroche à l'air, traînent encore parfois dans ma mémoire. L'impression d'aggressivité et d'impatience ambiantes qui épuisent. La journée de travail qui s'emballe irrémédiablement dans une course folle entre les arrondissements, les voitures, les passants, les bousculades, les filles trop bien habillées, les lèvres un peu trop serrées, les clochards et/ou les bourrés qui hurlent et gesticulent dans la rue, des gens qui pleurent, qui rient, qui courent dans le métro (comme des warriors), des odeurs moites et piquantes, de la chair partout, des papiers, des voitures, des voitures, des voitures. Partout ailleurs en France, je n'ai pas vraiment l'impression d'être en ville.
A Montréal, rien de semblable à cet entassement déchirant. Là-bas, le ciel prend presque tout. L'air se dilate dans les rues larges. Les couleurs sont chatoyantes. La brique réchauffe l'atmosphère. Les escaliers bouclent leur métal noir sous les yeux des passants. Les arbres ne sont pas barricadés.
Pourtant quelle décharge d'énergie à Paris ! quelle impression d'être au centre de la vie ! et ces grands immeubles, ces jardins trop nets, les petites rues du Quartier Latin tellement arpentées, la Seine, ces matins d'automne à la lumière si douce. C'est ma période préférée de Paris. Quel que soit le malaise, l'étreinte douloureuse que la ville exerce sur moi, pour l'instant, je n'ai pas trouvé d'autre ville qui soudain me ravit, par un rayon, un angle, un teinte du ciel sur les ponts et les toits. Même après cinq ans, je m'arrête parfois à des endroits si familiers mais qui soudain deviennent si beaux. La vision dure une seconde éclatante, avant d'être engloutie dans le bruit des sirènes, la grissaille de la pollution, les déflagrations des scooters, et les formes dures qui marchent, sans jamais s'arrêter.

vendredi 19 septembre 2008

Tramway au matin

Un de ces matins où les yeux brûlent et la tête tombe. Où on prend le tramway parce qu'on a la flemme de prendre le vélo pour lutter longuement contre le vent rhodanien. Et où on se rend compte qu'il y a tellement de choses à regarder par terre !
J'ai laissé Tennessee (mon appareil photo) à Montréal - mais Delaware, le petit appareil, fait bien l'affaire.

lundi 15 septembre 2008

Lyon et Montréal

Après l'intro cliché, l'article "culturel". Car il existe des liens entre Lyon et Montréal ! Prenez le lion de Lyon :
Hé bien il trône à l'entrée du Jardin botanique de Montréal. Il fait partie des 4 lions qui ont entouré la passerelle qui enjambe le Rhône au XIXème, relégués dans un coin, puis redistribués. Lyon en a donné un à Montréal, en 1992.
Le lion garde une jolie roseraie, dessinée sur le plan de celle du parc de la Tête d'Or !
Le jardin botanique est la seule visite touristique que j'ai faite cet été, et en arrivant je tombe nez à nez avec le lion de Lyon !
Et voilà pour le petit article qui sert à rien.

dimanche 14 septembre 2008

Avant-propos

Bonjour amis et famille !
Depuis deux ans maintenant, je passe beaucoup de temps en voyage. J'ai déjà créé plusieurs sites modestes, pour vous faire partager nouveaux horizons et choc culturel sans cesse renouvelé, images à l'appui. Chaque fois j'ai apprécié de vous avoir à l'autre bout, à suivre mes pérégrinations. Le voyage en a eu une saveur, une valeur nouvelle.
Mon arrivée à Lyon en janvier 2008 a coïncidé avec des allers-retours intensifiés en direction de Montréal... Nouvel intérêt pour la ville soudain, et un québécois en particulier. Mon rapport à la ville a changé, avec cette relation et la fréquence de mes déplacements, au point que je me sens vivre autant à Lyon qu'à Montréal, au jour le jour. Je suis constamment en voyage. Un pied sur chaque continent, la tête ici, le coeur ailleurs, en décalage horaire constant, entre Lyon et Montréal, c'est là que je suis, c'est là que je vis.
Longue vie à ce blog ! J'espère le nourrir régulièrement de pensées errantes, jusqu'au 1er juillet 2009, date de sa fermeture, début d'autres aventures, ailleurs...