samedi 27 septembre 2008

Lyon, Montréal... Paris

Petit tour à Paris cette semaine. Je suis allée me perdre dans la forêt de Fontainebleau et les vieux papiers. Je fais la grimace quand je dis "Paris". J'y ai vécu plusieurs années, avant de me partager entre Lyon et Montréal. Je garde des impressions violemment contrastées de la vie dans cette ville. Des lambeaux de sensations, comme un brouillard qui s'accroche à l'air, traînent encore parfois dans ma mémoire. L'impression d'aggressivité et d'impatience ambiantes qui épuisent. La journée de travail qui s'emballe irrémédiablement dans une course folle entre les arrondissements, les voitures, les passants, les bousculades, les filles trop bien habillées, les lèvres un peu trop serrées, les clochards et/ou les bourrés qui hurlent et gesticulent dans la rue, des gens qui pleurent, qui rient, qui courent dans le métro (comme des warriors), des odeurs moites et piquantes, de la chair partout, des papiers, des voitures, des voitures, des voitures. Partout ailleurs en France, je n'ai pas vraiment l'impression d'être en ville.
A Montréal, rien de semblable à cet entassement déchirant. Là-bas, le ciel prend presque tout. L'air se dilate dans les rues larges. Les couleurs sont chatoyantes. La brique réchauffe l'atmosphère. Les escaliers bouclent leur métal noir sous les yeux des passants. Les arbres ne sont pas barricadés.
Pourtant quelle décharge d'énergie à Paris ! quelle impression d'être au centre de la vie ! et ces grands immeubles, ces jardins trop nets, les petites rues du Quartier Latin tellement arpentées, la Seine, ces matins d'automne à la lumière si douce. C'est ma période préférée de Paris. Quel que soit le malaise, l'étreinte douloureuse que la ville exerce sur moi, pour l'instant, je n'ai pas trouvé d'autre ville qui soudain me ravit, par un rayon, un angle, un teinte du ciel sur les ponts et les toits. Même après cinq ans, je m'arrête parfois à des endroits si familiers mais qui soudain deviennent si beaux. La vision dure une seconde éclatante, avant d'être engloutie dans le bruit des sirènes, la grissaille de la pollution, les déflagrations des scooters, et les formes dures qui marchent, sans jamais s'arrêter.

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