Partout ailleurs en France, je n'ai pas vraiment l'impression d'être en ville.A Montréal, rien de semblable à cet entassement déchirant. Là-bas, le ciel prend presque tout. L'air se dilate dans les rues larges. Les couleurs sont chatoyantes. La brique réchauffe l'atmosphère. Les escaliers bouclent leur métal noir sous les yeux des passants. Les arbres ne sont pas barricadés.
Pourtant quelle décharge d'énergie à Paris ! quelle impression d'être au centre de la vie ! et ces grands immeubles, ces jardins trop nets, les petites rues du Quartier Latin tellement arpentées, la Seine, ces matins d'automne à la lumière si douce. C'est ma période préférée de Paris. Quel que soit le malaise, l'étreinte douloureuse que la ville exerce sur moi, pour l'instant, je n'ai pas trouvé d'autre ville qui soudain me ravit, par un rayon, un angle, un teinte du ciel sur les ponts et les toits. Même après cinq ans, je m'arrête parfois à des endroits si familiers mais qui soudain deviennent si beaux.
La vision dure une seconde éclatante, avant d'être engloutie dans le bruit des sirènes, la grissaille de la pollution, les déflagrations des scooters, et les formes dures qui marchent, sans jamais s'arrêter.
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